De l’eau, des roseaux, des criquets !

mardi 23 septembre 2014 par charentenature

Drainage, assèchement… depuis le début du XXème siècle, plus de 67% des milieux humides ont disparu en France. De tous les orthoptères présents en Charente, les espèces liées aux milieux humides font ainsi partie des plus menacées. Parmi elles, deux criquets :

- le Criquet des roseaux, qui apprécie une humidité ambiante sans pour autant rechercher la proximité d’un étang ou d’une rivière

- le Criquet tricolore, bien plus exigeant et qui revendique la présence d’eau courante ou stagnante dans son environnement immédiat.

La vie en vert

Le vert, couleur dominante du Criquet des roseaux et du Criquet tricolore, traduit leur parfaite adaptation à la végétation verdoyante des milieux humides. Dissimulés dans la végétation, leur homochromie est parfaite. Pourtant, un œil exercé saura dénicher les timides pour les identifier. Le Criquet des roseaux possède une tête arrondie ainsi qu’une strie noire très prononcée partant derrière l’œil et formant une ligne continue jusqu’aux ailes. Tout le contraire du Criquet tricolore, dont la tête est plus anguleuse, avec une strie noire ne commence pas derrière les yeux, sans former pas ligne continue jusqu’aux ailes. En outre, le tibia de ce dernier est d’un rouge éclatant, contrairement à celui du Criquet des roseaux, de même couleur que le corps.

La tolérance ou l’exigence ? Criquet des roseau©S Beillard

Si le Criquet des roseaux est une espèce en régression, il est localement abondant. Sa présence est d’ailleurs confirmée sur plusieurs dizaines de communes charentaises, notamment dans les prairies humides de Longré, les marais de Saint-Fraigne ou au Petit Fresquet à Angoulême. Certaines stations hébergent même plusieurs centaines d’individus bondissant à notre approche… Des mouvements de masse pour une discrétion qui semble alors être toute relative ! La tolérance de l’espèce est telle qu’il peut également être observé dans des milieux humides improbables comme les abords de champs de maïs et même les prairies à hautes herbes, qui conserveraient un meilleur taux d’humidité que les pelouses rases.

Criquet tricolore©D Neau Plus exigeant, le Criquet tricolore recherche étroitement la proximité de l’eau, avec une végétation haute, diversifiée et bien développée dans laquelle il peut se dissimuler. Les données actuelles font état de sa présence sur cinq communes charentaises, de Voulgézac à Saint-Laurent de Cognac. Sur chaque station, les effectifs sont estimés entre 1 et plus de 30 individus. L’espèce est également très farouche, ce qui ne facilite pas son observation.

Le réchauffement climatique en question

De toutes ces différences, un point commun les unit : leur affinité avec l’eau. Comme nous l’avons vu, la France a perdu plus de la moitié de ses zones humides en un siècle. L’assèchement des étangs, l’artificialisation des berges et la canalisation des cours d’eau sont autant de vecteurs qui ont fortement impacté ces criquets, particulièrement le Criquet tricolore, à tel point que l’espèce est considérée comme éteinte de Suisse.

Autre menace qui pourrait peser directement sur ces espèces, le réchauffement climatique semble avoir déjà impacté une autre espèce hygrophile : le Criquet palustre. Disparu de la majeure partie du Sud de la France, ses effectifs se concentrent de plus en plus en montagne.

Ces espèces font l’objet d’un inventaire régional dans le cadre de la réalisation d’un atlas des orthoptères de Poitou-Charentes, un projet porté en région par Poitou-Charentes Nature, avec le soutien de l’Europe (FEADER), la DREAL et la Région Poitou-Charentes.

Paysage du Petit Fresquet


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