Exposition Mycologique à Ecuras en 2013

lundi 13 janvier 2014 par charentenature

Samedi 26 et dimanche 27 octobre 2013

1999 : date de la première exposition mycologique de Charente Nature à Ecuras.

Puis treize années d’un partenariat fidèle, amical et fructueux entre la municipalité d’Ecuras et la Section Mycologique de Charente Nature. Et maintenant 2013, deuxième exposition mycologique à Ecuras. Cela s’imposait bien au moment où, d’un côté comme de l’autre, ceux qui étaient aux manettes vont prendre du recul, tout simplement parce que, comme dit le fabuliste, "les ans en sont la cause".

Il fallait donc que cette exposition fût réussie. Elle l’a été au-delà de toute espérance. Non que le nombre d’espèces exposées ait été un record : 226, 63 de moins qu’en 99. Cette différence s’explique essentiellement par les conditions climatiques, moins favorables maintenant qu’alors. Mais le succès d’une exposition ne s’apprécie pas simplement avec des chiffres. Ce qui compte, c’est le "ressenti", terme à la mode chez les météorologistes, qui distinguent le froid du thermomètre de celui qu’on éprouve. En l’occurrence, le "ressenti" ce fut la chaleureuse ambiance créée par des partenaires qui se connaissent bien et ont plaisir à travailler ensemble, et aussi l’intérêt manifesté par les visiteurs. Ils ont été environ 250 à tourner autour des tables où leur était présentée une intéressante diversité. Ils ont pu ainsi apprendre qu’il n’existe que 4 bolets qui ont droit à l’appellation de cèpes. Peu importe que le Cèpe de Bordeaux, Boletus edulis, ait été absent, c’est une banalité que tout le monde connaît. En revanche c’était l’occasion ─ et elle n’est pas fréquente ─ de découvrir le véritable Cèpe des pins, Boletus pinophilus, (qui ne pousse d’ailleurs pas que sous les pins). Il ne faut pas le confondre avec un autre auquel on donne communément, mais abusivement, le même nom de Cèpe des pins. Ce dernier, Suillus granulatus, fait certes partie des bolets au sens large, mais ce n’est pas un cèpe (il n’en a d’ailleurs pas la silhouette). Les deux autres membres du quatuor sont le Cèpe d’été, Boletus aestivalis, très proche d’edulis au point que parfois on peine à les distinguer, et le "Tête de nègre", Boletus aereus", qui doit son nom à son chapeau d’un brun soutenu.

Les russules (22), les lactaires (13), les amanites (18) ont formé les gros bataillons de la troupe exposée. Il faut y ajouter les cortinaires, qui sont moins connus, mais qui, avec plus de 2000 espèces recensées en France, constituent un monde à part dans l’univers des champignons. Les 17 spécimens présentés donnaient une idée de la diversité du genre, et c’est parmi eux que s’est trouvée la perle du jour, une espèce nouvelle à l’inventaire mycologique de la Charente : Cortinarius integerrimus ( = stillatitius).

L’intérêt d’une exposition mycologique, c’est aussi de montrer qu’un champignon ce n’est pas forcément un chapeau sur un pied. Les aphyllophorales d’une part, champignons dépourvus de lames, parmi lesquels se trouvent notamment les chanterelles, les pieds de mouton et les "croûtes" qui, s’étalant sur le bois, ressemblent à tout sauf à des champignons, les ascomycètes d’autre part, vaste ensemble constitué pour une bonne part de toutes petites espèces qui ne sautent pas aux yeux, ont été dûment représentés, 30 unités pour les premiers, 12 pour les seconds.

En outre, comme dans toute exposition mycologique, il a été beaucoup question de ce qui se mange et ce qui ne se mange pas. C’est l’occasion de découvrir qu’en dehors des grands classiques très convoités, il existe de bons comestibles méconnus, comme le Bolet à pied rouge (Boletus erythropus) ou l’Agaric des bois (Agaricus silvicola) qui peut fort bien remplacer celui des prés, Agaricus campestris, le fameux "Rosé des prés" que l’abus des engrais rend quasi introuvable. C’est aussi l’occasion de comparer deux espèces très ressemblantes comme le Clitocybe nébuleux, comestible honorable, et l’Entolome livide, toxique très dangereux. C’est encore le moment d’apprendre que l’Amanite phalloïde n’est pas le seul champignon mortel et que le Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) est tout aussi redoutable (alors qu’il fut un temps où on prétendait qu’il n’y avait rien de grave à craindre avec les cortinaires !). Si on nous demande constamment, à propos d’un champignon, si "ça se mange", on ne nous demande en revanche jamais si "ça se boit". Cependant ce fut là l’occasion d’apprendre qu’on peut fabriquer des boissons à partir d’un champignon. Sur le stand de Frédéric Papelard, les visiteurs ont pu déguster différents thés et cafés confectionnées avec du Ganoderme luisant, Ganoderma lucidum, un polypore qui n’est pas rare dans nos bois ; et ce faisant on joint l’utile à l’agréable, car en plus d’être savoureuses, ces boissons sont bonnes pour la santé. En tout cas le présentateur affirme que depuis qu’il en boit régulièrement il n’a plus d’aigreurs d’estomac…

Les amateurs de bonnes choses pouvaient aussi faire provision de saveurs au stand des "Croqueurs de pommes du Lindois" qui présentaient un éventail assez large d’espèces de ces fruits, ainsi que des jus de pommes, plats ou pétillants, faits maison.

Manger et boire de bonnes choses c’est bien, mais il y a aussi d’autres plaisirs dans la vie, celui, par exemple de contempler de belles œuvres artistiques. Pour cela, nous avons notre très fidèle partenaire, Paulette Verquin, qui chaque année déploie sa collection d’objets insolites arrangés avec art à partir de morceaux de bois aux formes évocatrices qu’elle a ramassés ici et là.

Enfin nous ne saurions terminer ce petit tour de notre exposition sans adresser nos vifs remerciements à ceux sans l’aide desquels elle n’existerait pas. Grand merci donc à la municipalité d’Ecuras qui a mis gracieusement sa belle salle des fêtes à notre disposition, merci aussi à toutes les personnes qui ont battu prés et bois pour nous apporter matière à exposer, merci encore au généreux mécène qu’est le Conseil Général dont la subvention est indispensable au bouclage de notre budget.

Il serait bien dommage que la belle histoire entre Ecuras et Charente Nature s’arrête là. Alors pourquoi pas rendez-vous à l’automne prochain dans ces magnifiques bois de la Petite Suisse Charentaise ?

Rosé des prés©Agaricus campestris Agaric des bois©Agaricus silvicola Ganoderme luisant©Ganoderma lucidum Tête de nègre©Boletus aereus Suillus granulatus Cèpe d'été©Boletus aestivalis Cèpe de Bordeaux©Boletus edulis Cèpe des pins©Boletus pinophilus Bolet à pied rouge©Boletus erythropus Cortinarius integerrimus Cortinaire couleur de rocou©Cortinarius orellamus

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