Gestion et réduction des déchets en Charente

mardi 2 juin 2009 par Gilles MARSAT (Administrateur)

 Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Gilles MARSAT  [1]

Depuis 2006, le Conseil Général a doté le département d’un nouveau plan départemental concernant les déchets ménagers et assimilés de la Charente. Ce plan [2] est innovant, puisqu’il a un objectif de diminution de notre production de déchets dans les années à venir. Pour soutenir et initier toutes les initiatives qui vont dans ce sens, un groupe de travail a été créé : le Comité Charentais de la Prévention [3]…

 
La prévention : quelles actions ? quels projets ?

De nombreuses opérations visant à la diminution de la production de déchets sont en cours. Les groupes de réflexion crées dans le cadre du Comité Charentais de la Prévention, travaillent. Un guide sur les déchets dangereux [4] élaboré dans le cadre de ce comité est à la disposition de tous.

Les producteurs importants de déchets liés à la restauration collective sur les communes de la Communauté d’agglomération du Grand Angoulême (ComAGA) que sont l’hôpital de Girac, les lycées, les collèges, les maisons de retraite, se lancent dans une expérimentation de compostage pour valoriser ces déchets plutôt que de les enfouir ou de les incinérer.

La ComAGApoursuit la mise en oeuvre du tri sélectif dans les immeubles collectifs importants et sa politique de valorisation des déchets verts et fermentescibles par le compostage individuel.

Calitom, le syndicat départemental de valorisation des déchets ménagers, le Smictom de Champniers et la ville de Cognac mettent également en place un programme sur le compostage auprès des particuliers et des collectivités, pour limiter la quantité de déchets fermentescibles [5] dans les sacs noir et donc enfouis dans les centres d’enfouissement techniques.

Charente Nature continue ses missions d’éducation et de sensibilisation dans les établissements scolaires concernant la gestion et la prévention des déchets. Un nouveau programme pédagogique sur le compostage a été élaboré en partenariat avec l’Education Nationale, la ComAGA, Calitom l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le Conseil Général, la Ville de Cognac et le Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères (SMICTOM) de Champniers.

Dans le cadre de son groupe Prévention déchets l’association a initié un projet de sensibilisation et d’éducation avec deux centres sociaux sur le territoire de la ComAGA (CAJ de la Grand Font et Gond Pontouvre). Visant un public populaire, ce projet lie clairement la problématique de la réduction des déchets dangereux à l’amélioration de la santé et à celle du pouvoir d’achat.

Charente Nature continue de proposer une sensibilisation sur de bonnes pratiques de consommation aux clients de grandes surfaces en s’appuyant sur sa poubelle géante. La dernière animation, plus particulièrement consacrée à la prévention des déchets dangereux, s’est déroulée à l’Intermarché de Champniers le 28 novembre 2008. Les recettes alternatives proposées ont été très appréciées du public.

Avec le soutien de Calitom et de la ComAGA, de plus en plus de collectivités s’intéressent au broyage collectif des tailles de haies ou d’arbres afin d’éviter des transports et favoriser l’utilisation du bois broyé.

Des essais sont mis en oeuvre pour remplacer les pesticides et désherbants utilisés couramment par les collectivités par des traitements non toxiques.

 Diminuer, diminuer, Mais il reste toujours des déchets…

Le plan départemental d’élimination des déchets ménagers intègre la présence de l’incinérateur d’ordures ménagères sur le territoire de la ComAGA et de centres d’enfouissement techniques sur le reste du département.
Calitom poursuit l’étude de l’extension du centre d’enfouissement technique de Sainte-Sévère, le site de Poullignac ne reçoit plus de déchets ménagers à l’enfouissement et la fermeture du centre de Rouzède est prévue pour bientôt. Le syndicat, comme il était prévu dans le plan départemental, prospecte un lieu en Nord Charente pour pouvoir, si nécessaire, ouvrir un nouveau centre d’enfouissement.

Enfin, Calitom prévoit la construction d’une première unité de Traitement Mécano Biologique (TMB) de déchets ménagers d’une capacité de 20 000 tonnes. Ce traitement peut être considéré comme un tri des déchets des "sacs noirs". Il se fait par déchiquetage des sacs dans un cylindre équipé de lames et avec circulation d’eau. Les déchets déchiquetés et humides circulent dans le cylindre et se décomposent avec l’humidité en plusieurs jours. Il y a ensuite séparation des éléments métalliques, du verre, du plastique et des déchets fermentescibles, ces derniers seront transformés en compost. Les plastiques et polystyrènes issus du TMB pourraient être utilisés comme combustibles de substitution par le four de la cimenterie Lafarge à La Couronne, qui ainsi économiserait du pétrole brut et provoquerait une diminution de production de CO2 en bout de chaîne.

C’est, à ce jour, le seul procédé réellement opérationnel pour traiter les déchets ménagers, hors enfouissement ou incinération. Ce mode de traitement est encore peu pratiqué en France mais fait l’objet de nombreux projets. Malheureusement il présente les mêmes inconvénients que l’incinération ou l’enfouissement : un traitement à la tonne qui peut conduire à délaisser le tri pour que le TMB fonctionne au maximum de sa capacité.
Le plan départemental envisage la réalisation à terme de 2 unités de TMB de 20 000 tonnes en Charente.

A priori, Charente Nature est favorable à la réalisation de la première unité de TMB mais, pour l’association, il faut continuer à travailler sans relâche à la réduction des déchets. Pour l’association, la réalisation d’une deuxième unité de TMB, s’il elle s’avérait nécessaire, ne pourrait intervenir qu’après un retour d’expérience de la première unité. De nouvelles technologies plus performantes peuvent voir le jour dans les années à venir.
Néanmoins, on peut s’interroger sur la conformité du compost qui sera produit à partir des déchets fermentescibles(3), avec les normes européennes à venir.

 
Concernant l'incinérateur du Grand Angoulême…

Le Plan départemental d’élimination des déchets prévoit la transformation de l’énergie générée par l’incinération en énergie électrique. Ces travaux de valorisation énergétique devaient suivre les travaux de mise aux normes de l’installation. Cela n’a pas été le cas.

D’autre part, un Arrêté Préfectoral autorise provisoirement Calitom à incinérer 2 000 tonnes de déchets à l’unité de La Couronne. Cela permet à Calitom de ne pas transporter dans un autre département les déchets que ne peut recevoir le centre d’enfouissement de Sainte-Sévère dans sa configuration actuelle.

Charente Nature a donné un avis favorable à cette proposition lors de son passage en Coderst [6] à la condition que ce ne soit pas un moyen déguisé de prolonger la vie de l’incinérateur, mais bien une solution de bon sens et de court terme. L’association a ainsi exprimé son souhait qu’à terme, dans quelques années, l’incinérateur du grand Angoulême soit définitivement arrêté. Dans cet objectif, il ne serait donc pas sérieux de programmer des travaux pour la valorisation énergétique de l’installation ; le coût en serait trop élevé - sur un temps trop court et l’énergie produite ne serait pas rentable… et la tentation trop forte de prolonger la vie de l’incinérateur.

 
Des collaborations à développer, à renforcer…

En septembre 2008, Charente Nature et Calitom ont eu l’occasion de rappeler leur point de vue à une réunion des élus de la ComAGA, qui reprennent la réflexion sur leur politique de réduction et d’élimination des déchets ménagers. Le Président de Calitom a insisté sur les possibilités existantes de créer, en commun, un nouveau centre de tri [7] pour éviter les transports hors Charente.

 En guise de conclusion…

Charente Nature propose qu’une étude départementale soit engagée pour voir s’il est possible d’accélérer la mise en œuvre de la réduction des déchets ménagers, d’harmoniser les politiques pour toujours mieux trier, de définir une politique globale d’élimination des déchets ultimes sans incinération et avec un minimum de volume de déchets à enfouir.

L’association souhaite aussi que la réflexion des élus de la ComAGA ne se limite pas au seul devenir de la valorisation énergétique de l’incinérateur. Il est indispensable d’élargir la réflexion à l’ensemble des déchets en Charente et d’inclure dans cette réflexion tous les déchets inertes qui, pour une grande part, pourraient être recyclés et ne pas oublier bien sûr, les déchets industriels banals (DIB).

Dans le domaine des déchets comme dans d’autres secteurs, Charente Nature s’inscrit dans la démarche de réduction de la production de CO2 dans les années à venir, comme le prévoit l’accord international de Kyoto. Elle ajoute ainsi une contribution citoyenne aux actions institutionnelles de la Région et de la ComAGA.

 Les déchets dangereux au quotidien, adoptons de bonnes habitudes

Un guide élaboré par le Comité charentais de la prévention. Il permet de repérer dans le quotidien toutes les sources de déchets ou de produits dangereux pour l’environnement et la santé. Il donne des précisions sur leur mode d’élimination et des conseils pour les éviter ou les réduire.
Vous pouvez vous le procurer auprès de la collectivité en charge des déchets dont vous dépendez (pour tout renseignement appelez Charente Nature), ou le télécharger sur les sites de Calitom et de la ComAGA.

[1] Président de Charente Nature

[2] plan dont on a parlé dans le rapport bidule

[3] Comité charentais de la prévention : animé par le Conseil Général, le comité regroupe plusieurs acteurs : les collectivités en charge de la gestion des déchets avec notamment Calitom et la ComAGA, les associations de consommateurs et de protection de l’environnement, les chambres consulaires, des fédérations professionnelles

[4] « Les déchets dangereux au quotidien , adoptons de bonnes habitudes », disponible auprès de la collectivité en charge des déchets dont vous dépendez (pour tout renseignement appelez Charente Nature)

[5] Déchets fermentescibles : épluchures, restes de repas, feuilles mortes, fleurs fanées…

[6] Coderst : Comité départemental des risques sanitaires et technologiques. Cette instance officielle s’appelait il y a encore quelques mois le Conseil départemental d’hygiène. Il constitue une instance officielle de concertation et de conseil pour la prise de décision du Préfet sur divers dossiers relatifs à la santé publique, aux risques technologiques et à l’environnement. Charente Nature y siège

[7] Centre de tri : Installation qui reçoit les sacs « jaunes », issus de la collecte sélective. Les déchets y sont triés par catégorie, manuellement pour la plupart, et expédiés verts d’autres usines, selon les filières de recyclage


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