Gomphocère roux et Decticelle cendrée...

vendredi 4 septembre 2015 par charentenature

Depuis le début du lancement de l’atlas des orthoptères en Poitou-Charentes il y a deux ans, 65 espèces à longues pattes ont été recensées dans le département de la Charente. Parmi elles, une sauterelle grise et un criquet aux antennes enflées. A l’occasion de votre prochaine balade en forêt, pourquoi ne pas regarder dans les herbes qui bordent les lisières ? Malgré leur discrétion, ces espèces sont facilement observables, surtout lorsque plusieurs individus se dérobent sous vos pieds.

Du gris sur du vert

Decticelle cendrée©David NEAU

La Decticelle cendrée aurait pu revêtir une robe cryptique qui la dissimulerait parfaitement au milieu des arbres et des ronciers verdoyants, mais sa couleur (du brun gris au brun rouge) se marie davantage avec le tapis de feuilles mortes des milieux boisés. Sauterelle de taille moyenne (un à deux centimètres selon le sexe), elle recherche principalement les clairières, orées et chemins forestiers, en évitant le cœur des boisements où l’ombre persiste. Parce que, comme la grande majorité des sauterelles, la Decticelle cendrée apprécie la les premiers rayons du soleil matinal, dont elle cumule un maximum de chaleur pour vaquer à ses occupations : rechercher sa nourriture et se reproduire. Son régime alimentaire est hétéroclite, des pucerons et chenilles aux feuilles de pissenlit et d’ortie. Pour ce qui est de la reproduction, le mâle n’est pas avare de stridulations amoureuses, émises de jour comme de nuit. La crécelle, obtenue par le frottement de ses ailes atrophiées - un « tsitsitsi » bref et aigu - est caractéristique et audible à environ 10 mètres. Un luxe chez les sauterelles, certaines n’émettant qu’à une très faible distance.

Elle partage son habitat forestier avec un criquet d’aspect très original, le Gomphocère roux.

Belles antennes !

Gomphocère roux©David NEAU

Ce petit criquet, environ un centimètre et demi chez le mâle et deux centimètres chez la femelle, peut être localement abondant. Il est aisé de le rencontrer dans le massif de la Braconne, le long des sentiers, entre juillet et octobre. A cette époque de l’année, une recherche parmi les herbes permet de trouver rapidement plusieurs individus, notamment des mâles, remarquables par leurs antennes en forme de massue. Plus précisément, ses antennes présentent à leur extrémité un renflement rehaussé d’une marque blanche. On discerne également un dilatement au bout des antennes de la femelle, sans être aussi marqué que celui du mâle. Cette caractéristique très particulière permet d’identifier facilement l’espèce… mais il faut rester vigilant. Un autre gomphocère, le Gomphocère tacheté, ressemble beaucoup à notre espèce et présente également des antennes en massue. Mais il ne fréquente pas les mêmes milieux. Jamais signalé en Charente et pourtant présent dans les autres départements de notre région, il constituera peut-être la prochaine nouvelle espèce charentaise découverte dans le cadre des prospections pour l’atlas.

David NEAU

Chargé d’études


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