Séminaire sur la gestion de l’eau à Agen en février

jeudi 20 mars 2014 par Jacques BRIE (Administrateur)

Nous avons participé à un séminaire sur la gestion de l’eau à Agen les 27 et 28 février dernier, parmi les nombreuses interventions, Jacques Brie et Gilles Marsat ont particulièrement remarqué celle de Florence Denier-Pasquier. Vice-présidente de France Nature Environnement qu’elle représente au CESE, elle est rapporteure d’un avis sur « la gestion et l’usage de l’eau en agriculture ». Pour le CESE la question n’est pas d’établir de quelconques responsabilités, mais de rechercher des solutions efficaces pour relever des défis actuels et à venir.

Cet avis identifie des voies de convergence, reposant notamment sur des améliorations dans les pratiques agricoles et le développement de productions d’intérêt agro-écologique, dans le respect de la durabilité économique des exploitations.

Le document de 81 pages peut être commandé à www.ladocumentationfrancaise.fr/ (12,26 €) ou téléchargé sur www.lecese.fr/travaux-publie…

CESE : Le conseil économique social et environnemental est une assemblée constitutionnelle consultative française. Équivalent national du CESER (Conseil économique social et environnemental régional dans lequel Poitou-Charentes Nature est représentée), il favorise la collaboration des différentes catégories socio-professionnelles entre elles et assure leur participation à la définition et l’évaluation des politiques publiques.

Jacques BRIE Vice-Président, Responsable de la commission "Eau"

Gille MARSAT Administrateur, Bénévole à la commission "Eau"

La gestion et l’usage de l’eau en agriculture

Les principales préconisations du CESE

- Faire de la politique de protection des captages d’eau potable un levier pour accélérer la reconquête globale de la qualité des eaux

• Conforter la politique publique de protection des captages et en faire un enjeu d’aménagement et de développement du territoire

• Agir sur les zones les plus sensibles des aires d’alimentation des captages par :

- une contractualisation avec les agriculteurs et forestiers concernés, dans de nouvelles MAET de longue durée,

- une priorité affirmée aux systèmes générant le moins de pollutions diffuses : agriculture biologique, forêt, agroforesterie…,

- une sortie rapide, sur ces parcelles, de l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse,

- une compensation financière en contrepartie d’exigences durables plus fortes et d’obligations de résultats quantifiés.

- Mettre en place une gestion intégrée de la parcelle au bassin versant et rechercher l’efficience économique et écologique des exploitations

• Permettre à chaque exploitation de déterminer une stratégie agroécologique

- développer les procédés agronomiques permettant de réduire l’emploi des intrants de synthèse de manière économiquement viable,

- renforcer leur appropriation et la formation en complétant les financements existants par une redevance progressive sur les engrais azotés minéraux et par l’augmentation de la redevance sur les produits phytosanitaires.

• Réduire les sources de pollution principales en renforçant le lien entre systèmes de production et services écologiques

- soutenir les exploitations agro-écologiques à bas niveaux d’intrants, pour favoriser des transferts d’expériences entre régions ou filières,

- encourager la production de références agronomiques, économiques et écologiques,

- veiller à la cohérence territoriale des réglementations sectorielles et leur appropriation à l’échelle des exploitations.

• Repenser l’hydraulique agricole pour l’intégrer dans la gestion hydrologique des bassins

• Réaliser des « remembrements écologiques » en définissant au préalable leur cadre juridique et financier au sein d’une large concertation

• Créer une dynamique pour valoriser durablement les apports de l’agroécologie dans les territoires

Réduire les vulnérabilités de l’agriculture aux aléas météorologiques et favoriser les adaptations au changement climatique

• Choisir des productions et des systèmes adaptés aux conditions pédoclimatiques pour prévenir les conséquences des sécheresses et inondations

• Anticiper les effets du changement climatique en favorisant la résilience des productions agricoles

Privilégier l’irrigation efficiente et partager équitablement la ressource

• inscrire l’irrigation dans les équilibres territoriaux du grand cycle de l’eau

- généraliser par les SAGE la définition des priorités d’usages et la répartition des volumes prélevables entre catégories d’utilisateurs (domestique, agricole et industriel),

- inscrire les transferts de ressource dans une approche globale d’aménagement du territoire.

• Optimiser et mieux répartir l’eau d’irrigation disponible

- organiser la répartition du volume prélevable agricole, en commençant par les ZRE, en fonction d’une adaptation préventive des besoins d’irrigation,

- intégrer au sein d’une politique nationale et au regard d’un bilan coût/efficacité, la création des « retenues de substitution », pour une gestion de bassin cohérente,

- réserver les financements publics à des programmes territoriaux destinés en priorité à des pratiques agro-écologiques, des productions alimentaires et des activités à fort taux d’emplois.

• Moderniser et mettre en place des systèmes de gestion collective adaptés à la diversité des territoires

- maintenir en zone agricole protégée les territoires desservis par un réseau collectif d’irrigation,

- s’inscrire dans une dynamique d’économie de l’eau prélevée, fondée sur la modernisation des réseaux, le développement de systèmes de tarification innovants et la régulation des acteurs locaux (OuGC, structures publiques …),

Améliorer les connaissances et rendre plus cohérente la gouvernance

• Intensifier les actions de recherche transversales et les stratégies d’accompagnement du changement

• Faire de l’échelle hydrographique l’unité d’action locale

• Inscrire l’action des agences de l’eau dans des démarches résolument préventives et incitatives pour des pratiques agricoles et des aménagements de bassin adaptés

• Poursuivre le rééquilibrage des niveaux de contribution des différents types d’usagers et rechercher une meilleure équité dans l’attribution des financements publics

• Assurer un pilotage national et rendre plus efficace la police de l’eau

- appliquer la méthode Ecophyto à la réduction des pollutions issues des excès de matières fertilisantes,

- réaffirmer l’importance des missions de police de l’eau,

- harmoniser les règles concernant la gestion et l’usage de l’eau en maintenant les objectifs de protection de la ressource.

• Articuler la politique de l’eau avec les politiques communautaires, dont la PAC.

* * * La gestion et l’usage de l’eau en agriculture, Synthèse de l’avis du CESE Florence Denier-Pasquier avril 2014


Documents joints

20 mars 2014
Document : Word
38 ko

Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | Espace privé | visites : 854575

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ACTUALITES   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.29 + AHUNTSIC

Creative Commons License