Petite présentation des Orchidées

dimanche 3 mai 2009 par Jean-Pierre DUPUY (Bénévole)

Peut-être avez-vous, tout près de votre maison, d’avril à juin-juillet, des fleurs bizarres, ne ressemblant à aucune autre, qu’elles soient grandes comme l’Orchis pourpre ou discrètes comme l’Ophrys mouche : ces fleurs mystérieuses sont les orchidées sauvages de nos contrées. Elles sont essentiellement terrestres, alors que l’orchidée de la "fête des mères", souvent épiphyte, a des racines aériennes. C’est une plante tropicale exubérante, cultivée et multicroisée par les fleuristes. Sa beauté éclatante pourrait porter ombrage au charme très discret, mais oh combien mystérieux, de nos orchidées indigènes.

En fait, avec plus de 30 000 espèces dans le monde, seulement 47 en Charente et 150 en France, la famille des orchidées est l’une des plus variées du règne végétal. Si le nombre des orchidées recensées en Charente peut paraître modeste, il nous permet cependant de mieux comprendre le monde très complexe de ces beautés mystérieuses.

Comme de très nombreux végétaux, les orchidées sont des plantes herbacées vivaces, pouvant fleurir parfois durant des décennies.

Orchis pourpre-M.CHEVALERIAS-Charente Nature

Reconnaître une orchidée

Le seul critère indiscutable de reconnaissance est l’organisation de la fleur. Il faudra parfois la loupe, mais la beauté des formes et souvent des couleurs sera une source constante d’émerveillement. La description des singularités florales nécessite toutefois l’emploi d’un vocabulaire particulier que nous réduirons à l’essentiel. Bien que d’aspect très différent selon les espèces, les orchidées sont organisées selon un plan unique :
-  leurs pièces florales présentent une symétrie bilatérale (fleurs zygomorphes, du grec ζυγόν [dzugonn] = couple) ;
-  Elles comportent 3 sépales extérieurs et 3 pétales dont le pétale médian, ou labelle, diffère des deux autres par sa forme, sa dimension et souvent sa couleur ;
-  Les trois sépales et les deux pétales latéraux, souvent de même aspect, sont appelés tépales ; le pétale médian, ou labelle, contribue souvent à donner à la fleur son aspect remarquable, que ce soit pour l’homme ou pour l’insecte spécifique qui la visite, attiré par son aspect ou par les parfums qu’elle émet

Reconnaître une orchidée

L’appareil reproducteur

Le labelle sert à la fois de leurre sexuel puis d’aire d’atterrissage aux insectes pollinisateurs. Au centre de la fleur, le stigmate visqueux et brillant est surmonté par la colonne (étamines + pistil) appelée gynostème, dont la seule étamine fonctionnelle porte les amas de pollen jaunes (pollinies) qui se fixent sur l’insecte visitant la fleur. Un astucieux système nommé rostellum s’oppose à l’autogamie entre pollinies et stigmates d’une même fleur chez la majorité des orchidées. Cette fécondation croisée s’appelle l’allogamie.

Fruits et pérennité de l’espèce

L’ovaire fécondé, dit infère en raison de sa position, donne à maturité un fruit sec appelé capsule qui va libérer par ses fentes des milliers de graines microscopiques dont l’immense dispersion explique l’apparition insolite d’orchidées rares dans notre milieu, souvent très loin de leur aire de répartition.

Ces graines sont totalement dépourvues de réserves nutritives. Elles ne pourront croître qu’avec l’aide d’un champignon symbiotique du genre Rhizoctonia. Plus fines que la poussière, elles peuvent être disséminées par le vent à grande distance. Parmi elles, une quantité infime va trouver la condition stationnelle favorable à son développement, mais toujours avec l’aide de son champignon hôte symbiotique, le Rhizoctonia spécifique sans lequel elle ne pourrait se développer. Dans un premier temps, la graine se comporte en prédatrice aux dépens du champignon dont elle pompe la substance. Lorsqu’elle a amassé suffisamment de réserves nutritives et qu’elle a pu, ainsi, développer sa plantule, ce qui la rend autonome, loin de conduire en ingrate, elle va à son tour fournir des éléments nutritifs au champignon. Ainsi, chacun y trouve son compte.

L’orchidée, maintenant assise en profondeur, développe, selon l’espèce, soit un vrai rhizome (tige souterraine), soit un pseudo tubercule comme celui des ophrys, des orchis ou des serapias.

Serapia langue-A.BRUN-Charente Nature

Rappelons simplement que les tubercules de ces orchidées leur ont valu dès l’antiquité la qualification d’orchis (en grec = testicule), ce qui a inspiré de nombreux auteurs tels que L. FUCHS, botaniste allemand du XVIème siècle pour leur donner des noms tels que "couillon de chien", ou, mieux encore, la savoureuse appellation de "triple couillon de chien… femelle" à cause des pseudo tubercules de Ophrys apifera, présente sur tous les plateaux calcaires à partir de mai-juin.

Ophrys abeille-A. BRUN-Charente Nature

Ne les déterrez surtout pas pour vérifier cette dénomination bien exagérée. Une orchidée sauvage n’a quasiment aucune chance de reprise lors d’une transplantation.

A vous maintenant de traquer la plante (rare), mais attention aux hybrides… Ils sont perfides, ces hybrides, car si leur mariage n’est pas de raison, il reste tout à fait de bon ton. A vous de découvrir les protagonistes…

Article de Jean-Pierre DUPUY extrait de la revue n° 265-266 - avril-mai 2009

Spiranthe d'automne-A.BRUN-Charente Nature

Livre des Orchidées


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