Une lumière dans la nuit

jeudi 17 mars 2016

C’est à la nuit tombée que les femelles du ver luisant rayonnent. Elles, d’habitude si discrètes, dissimulées dans les herbes ou en lisière boisée… Sous les étoiles, elles s’illuminent aux grands yeux des mâles et les guident jusqu’à l’accouplement. Alors baissons le rideau mais laissons la lumière allumée.

Ver luisant femelle diffusant de la lumière©David EVANS

Lampyre, lucioles, vers luisants… Les insectes émetteurs de lumière sont appelés bioluminescents. En France, ce cortège comprend, pour les plus connus, les lampyres, les vers luisants et les lucioles. Si cette capacité à produire de la lumière suppose qu’ils appartiennent tous à une seule et même espèce, il n’en est rien. Ou presque. Disons que le lampyre est une des nombreuses espèces de ver luisant alors que la luciole est un tout autre animal. Pour autant, ils appartiennent tous aux diffuseurs de lumière, les lampyridés. Chez les lucioles, mâles et femelles émettent de la lumière alors que chez le lampyre, seule la femelle est véritablement capable d’une telle performance. Puisqu’il s’agit bien là d’une prouesse… non pas électrique mais biochimique.

Du ver à l’insecte Les lucioles vivant plus au Sud, consacrons-nous aux lampyres et autres espèces apparentées, ces vers luisants que l’on rencontre aux abords des chemins ou dans les sentiers boisés charentais. Du ver, ils en ont l’apparence à l’état larvaire, les femelles conservant également cette ressemblance tout au long de leur vie (ce phénomène est appelé néoténie). En réalité, le ver luisant est un insecte coléoptère, comme la coccinelle et le hanneton ! La larve du ver luisant fuit la lumière et passe plusieurs mois cachée dans la litière. Elle y chasse ses proies de nuit, les limaces et les escargots. Sa transformation se passe également dans la litière. Adulte, le dimorphisme sexuel permet alors de distinguer facilement le mâle, ailé, de la femelle, aptère.

Une question d’alchimie La période de reproduction a lieu en été. Si certaines femelles de papillons de nuit diffusent des phéromones pour attirer les mâles, les femelles vers luisants préfèrent d’abord signaler leur présence par l’émission d’une lumière pouvant être verte, jaune ou bleue selon les espèces. Cette lumière est le résultat du mélange de la luciférine, une molécule dont l’oxydation par la luciférase produit des émissions de photons. Donc de la lumière ! Les mâles peuvent également être bioluminescents, mais leur lampion est bien plus petit. Ils l’utilisent notamment en cas de danger, pour surprendre un prédateur. Et vous ? Oseriez-vous toucher l’abdomen luminescent d’un ver luisant au risque de vous brûler les doigts ? Pas de panique, sa lumière est considérée comme froide et n’émet que très peu de chaleur !

L’observatoire des vers luisants Comme de nombreux autres insectes, les vers luisants sont en voie de régression. Les années les plus lumineuses font place désormais à quelques lampions scintillant çà et là, loin des effectifs observés il y a plusieurs décennies. En cause, sans surprise, l’utilisation des produits phytosanitaires, la monoculture et la pollution lumineuse. Une autre difficulté est à prendre en compte : le manque de connaissances de ces insectes. C’est pourquoi l’association Charente Nature est partenaire de l’Observatoire des vers luisants.

Objectif : connaître la répartition des vers luisants en nous signalant vos observations. Pour cela, rendez-vous sur le site Internet de l’observatoire : http://www.observatoire-asterella.fr. Vous pouvez également saisir vos données de vers luisants en ligne sur le site Faune-Charente (http://www.faune-charente.org), ou nous appeler au 05.45.91.89.70.


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