Les Journées européennes de la migration

À l’automne des centaines de millions d’oiseaux migrateurs entament un long vol vers leurs zones d’hivernage, parfois situées à plusieurs milliers de kilomètres pour garantir leur approvisionnement en nourriture (insectes, graines, …) mis à mal par l’arrivée des basses températures de l’hiver.

Ce grand rendez-vous, « Les Journées européennes de la migration », s’est tenu à Lésignac-Durand au barrage du lac de Haute Charente de Mas Chaban, le week-end du 2 et 3 octobre 2026. Nous avons pu observer le passage de quelques espèces emblématiques, telles que…

Balbuzard pêcheur ©Didier WOLF – Curieuse Nature

Milvus migrans

Milan noir

©Didier WOLF – Curieuse Nature

Le Milan noir porte bien son nom de Milvus migrans, dès la fin juillet, il retourne en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya. Il y restera jusqu’à son retour vers les zones de nidification entre début mars et la fin mai. Sa queue légèrement échancrée, moins marquée que celle du Milan royal, arbore un bord de fuite presque rectiligne une fois ouverte. Celle du Milan royal, en revanche, montre toujours une échancrure en V caractéristique. Source : LPO
Milvus milvus

Milan royal

©Didier WOLF – Curieuse Nature

Le Milan royal est un migrateur partiel. Les populations les plus nordiques et les plus continentales traversent l’Europe, du nord-est au sud-ouest, pour aller hiverner en Espagne, en France et plus rarement en Afrique du Nord. Les populations les plus méridionales sont majoritairement sédentaires. Pour ce planeur, les heures chaudes de fin de matinée et début d’après-midi sont prépondérantes pour la migration. Il migre plutôt en solitaire ou en petit groupe. La migration postnuptiale du Milan royal commence dès le début du mois d’août et se prolonge jusqu’en novembre. Le pic du passage est enregistré au mois d’octobre. En vol, il est assez facile de le distinguer du Milan noir par la couleur du plumage (notez les taches blanches au niveau des poignets chez le milan royal et la forme de la queue très échancrée).

Le Milan royal est une espèce dont la distribution mondiale est européenne (espèce endémique). On le rencontre dans une étroite bande reliant l’Espagne à la Biélorussie, l’Ukraine constituant sa limite orientale de répartition. Plus à l’ouest, une petite population récemment établie occupe une partie de l’Angleterre. Au total, cinq pays (Allemagne, France, Espagne, Suisse et Suède) abritent près de 90 % de la population mondiale.
Source : LPO
Ciconia nigra

Cigogne noire

©Didier WOLF – Curieuse Nature

La plupart des Cigognes noires sont migratrices même si quelques populations sont plus ou moins sédentaires (espagnoles, portugaises et celles du sud de l’Afrique). La majorité des populations européennes migrent vers l’Afrique en automne. Bien qu’elle ait été classée sur la liste rouge de l’UICN elle est considérée comme menacée sur le plan national. Malgré son expansion récente en l’Europe de l’ouest sa population totale semble stable.
Columba oenas

Pigeon colombin

©Didier WOLF – Curieuse Nature

Le Pigeon colombin est le plus petit de nos pigeons. La longueur totale du corps est de 28 à 32 centimètres et son poids varie entre 230 et 250 grammes. Son plumage est globalement bleu gris. Il possède une tâche métallique sur le cou allant du vert au violacé et une poitrine rose vineux. Le bout de ses ailes et de sa queue sont noirs. Au repos, on observe de courtes barres noires sur ses rémiges secondaires. Ses pattes sont rougeâtres et ses yeux sont noirs. En vol, outre la taille, on le différencie du Pigeon biset par l’absence de couleur contrastante au niveau du croupion et du Pigeon ramier par l’absence de barre alaire blanche sur les ailes et de tache blanche sur le cou. Le Pigeon colombin est un migrateur partiel. Les populations se reproduisant dans les régions où les hivers sont les plus rudes telles qu’en Europe du Nord et de l’Est migrent vers le sud à l’automne vers l’Italie, le sud de la France, l’Espagne et même jusqu’en Afrique du Nord. Les populations se reproduisant dans les régions les plus tempérées telles que l’Angleterre, la Belgique et certaines régions de France, sont plutôt sédentaires et n’effectuent tout au plus que des mouvements de dispersion sur de faibles distances. Source : LPO

Anthus pratensis

Pipit farlouse

©Didier WOLF – Curieuse Nature

Le Pipit farlouse est une espèce répandue en Europe tempérée et nordique jusque sur les côtes du Groenland. Estivant nicheur dans les contrées nordiques de Scandinavie et de Russie, présent toute l’année en Europe occidentale et atlantique. Les oiseaux du nord (Groenland, Islande, Fennoscandie, nord de l’Europe et Russie) sont migrateurs. Les groupes de migrateurs descendent en septembre octobre en direction SE pour les oiseaux du nord-atlantique, du sud et du sud-ouest pour les autres et viennent passer la mauvaise saison en Europe occidentale avec les oiseaux locaux sédentaires, ainsi qu’autour du bassin méditerranéen.

Clins d'œil d'octobre

Phoenicurus ochruros

Rougequeue noir

©Marc DÉRUMEZ – Charente Nature

Petit passereau, insectivore, au plumage discret, le Rougequeue noir est assez peu farouche. Ici perché sur son mirador, il profite d’une vue dégagée pour repérer ses proies aux alentours… C’est une espèce partiellement migratrice, voire sédentaire pour beaucoup d’individus de nos régions. Mais, dès l’hiver, les individus installés plus au nord de l’Europe migrent pour rejoindre les côtes méditerranéennes, l’Afrique du Nord ou le Moyen-Orient mais reviennent se reproduire très tôt pour le printemps, dès mars ou février!

Columba palumbus

Pigeon ramier

©Marc DÉRUMEZ – Charente Nature

Reconnaissable à ses tâches blanches sur les côtés du cou, le pigeon ramier est le plus grand représentant de son espèce en Europe. Jusqu’à 45 cm de haut et de 70 à 80 cm d’envergure, il se distingue par un plumage iridescent : bleu-gris aux reflets verts et pourpres.
Assez commun et abondant dans nos campagnes, il souffre au mieux de désintérêt, au pire de chasses répétées. C’est pourtant un séducteur accompli : au printemps, les mâles réalisent des parades nuptiales remarquables : piqués en vol, roucoulements puissants, difficile de ne pas être au courant de ses amours… Exclusivement granivore, cette espèce participe à son échelle, à la dissémination des graines sauvages et donc à la régénération de nos forêts.

Sciurus vulgaris

Écureuil roux

©Marc DÉRUMEZ – Charente Nature

On le connaît gourmand de graines, fruits secs, bourgeons, champignons… Le photographe raconte avoir surpris des pies bavardes mettre en fuite un écureuil roux qui cherchait manifestement à s’approcher de leur nid dans un arbre. Serait-il opportuniste au point de dérober des œufs ? Le doute est permis. Vous aimez les écureuils ? Certains vous observent du haut des arbres de votre jardin ? Vous pourriez faciliter leurs déplacements : une simple corde tendue entre deux arbres et voilà un écuroduc est né ! Ce passage aérien dédié aux animaux arboricoles comme l’écureuil — qui saura l’emprunter avec beaucoup d’agilité — peut aussi devenir un véritable corridor biologique en favorisant la rencontre entre plusieurs individus isolés. Les effets de consanguinité sont alors limités grâce à un brassage génétique. L’écureuil roux est protégé en France par l’article L411-1 du Code de l’environnement, qui transpose les directives européennes (notamment la directive Oiseaux et la directive Habitats-Faune-Flore). Il figure également à l’annexe IV de la directive Habitats et fait l’objet d’une protection sur l’ensemble du territoire métropolitain, bien que son statut varie selon les régions…
Empusa pennata

Empuse commune

©Déborah Hérault – Charente Nature

©Albert et Monique Brun – Charente Nature

Cet insecte au corps mince et très allongé est aussi connu sous le nom de diablotin de Provence en raison de son abdomen toujours relevé. L’Empuse pennée, appartenant à la famille des Empusidés, affectionne les milieux ouverts, secs et ensoleillés et chauds comme les garrigues, les maquis, les friches, les haies et les prairies arides. Est-il plus étonnante découverte que ce petit bout de brindille articulé de 6 à 7 cm, agrippé à une graminée ? Cette étrange insecte, sans ailes et à l’abdomen recourbé est un parfait acrobate qui, sans être dérangé ne se remarque pas. Son corps souvent brun clair le rend invisible. Ce camouflage lui sert naturellement pour capturer ses proies en toute discrétion. Son nom est emprunté d’ailleurs aux créatures fantastiques de la mythologie grecque, où l’Empousa est considérée comme une sorte de démon femelle… Mais non, chez cette espèce, la femelle ne dévore jamais le mâle, même si elle appartient à l’ordre des insectes rassemblant les mantes. Les empuses ne dévorent que de petites proies, comme des mouches ou de jeunes orthoptères… Ce sont peut-être les dernières observations de l’année, ici à Vœuil et Giget (GrandAngoulême) pour la première grande photographie. Les empuses adultes se reproduisent entre mai et juin et meurent avant l’arrivée des grands froids. Leur cycle de vie est remarquable : de l’oothèque (petite coque recouvrant un ensemble d’œufs), déposée fin juin par les femelles, naissent les jeunes empuses qui traversent l’hiver sous forme larvaire, bien protégées dans les hautes herbes et buissons secs, jusqu’au printemps suivant où elles se développeront rapidement vers leur forme adulte. Cette espèce fascinante est présente dans la moitié sud (régions méditerranéennes, Sud-Ouest, vallée de la Garonne), avec une limite nord estimée en Charente et Charente-maritime. Sources : Insectes de France et d’Europe occidentale de Michael Chinery aux Editons Flammarion et le site Nature Alsace bossue.

Carlina vulgaris

Carline commune

Cette plante bisannuelle, à tige dressée, ramifiée au sommet est appelée Artichaut sauvage, Baromètre du Berger, Chardon doré, ou encore Chardonnette. Ses feuilles sont alternes, les caulinaires pubescentes-aranéeuses *, souvent pliées, oblongues-lancéolées, sessiles, à base embrassante ; ses capitules, ne dépassant pas 4 cm de diamètre, souvent regroupées par 2-5, présentent des fleurs toutes tubulées entourées de bractées jaunâtres, rigides et pointues. Celles-ci s’ouvrent particulièrement par temps sec et se referment par temps humide. Les fruits sont des akènes surmontés d’une aigrette à poils plumeux blancs. Cette astéracée fleurit de juillet à septembre sur les pelouses calcicoles, les friches, dunes, éboulis fixés, terrils, ballast des voies ferrées, sur sols calcaires ou sableux. Cette espèce produisant du nectar et du pollen, attire ainsi un large cortège de pollinisateurs tels que les abeilles sauvages, les bourdons, les papillons et les mouches. Sa présence est importante dans la préservation des écosystèmes herbacés et semi-arides.  Elle est présente sur la quasi-totalité des départements de France métropolitaine.

*Présentant un revêtement de poils fins, entremêlés et dispersés, rappelant l’aspect d’une toile d’araignée (infoFlora).
Source : Flore de Coste. COSTE H. (ABBE) Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes de H. Coste.

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© Albert et Monique BRUN – Charente Nature

Linaria vulgaris

Linaire commune

©Albert et Monique Brun – Charente Nature

La linaire commune, appartenant à la famille des Plantaginacées (ex. Scrophulariacées), est une plante vivace au rhizome robuste et aux tiges érigées peu ramifiées, de 20–70 cm de haut.
Ses feuilles lancéolées à linéaires, acuminées, sont glabres et entières. Ses fleurs, d’un beau jaune soufre à palais orangé, munies d’un long éperon, sont regroupées en une grappe terminale.
Ses fruits se présentent sous forme de capsules globulaires à graines orbiculaires et ailées. Cette espèce peut également se multiplier par bourgeonnement et enracinement. Elle fleurit de juillet à septembre aux bords des routes, dans les friches sèches, champs et lisières jusqu’à la fin de l’automne ; prisée pour ses fleurs décoratives, elle a été plantée dans les jardins et s’est ainsi répandue. Elle est commune sur la quasi-totalité des départements de France métropolitaine.
Source : Flore de Coste. COSTE H. (ABBE) – Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes.